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Place aux imaginaires

Toute proposition qui serait liée à un sens établi qu’il faudrait préserver pour donner une vision réaliste du monde est abandonnée. Il s’agit plutôt de mettre à nu le réel et de laisser un espace dans nos actions afin que le spectateur soit à même de franchir lui-même les vides. In fine, les parcours de chacun se font simultanément. C’est une promenade, au cours de laquelle le spectateur se perd, se pose, éprouve son regard, son désir.

Dernier niveau d’écriture : la musique et les sons qui renforcent le sens choral. Les choix musicaux évoquent une certaine forme de désuétude, l’idée d’une mélodie oubliée. Plusieurs supports sont présents : mange-disque, topazes, radios miniatures, boîtes à musique. C’est aux acteurs de les manipuler. Tout ce qui est musical émane du plateau et incarne une forme de résistance. Toutefois d’autres sons, volontairement parasites, viennent trouer le silence. Des bribes de slogans, de pubs télé* envahissent abruptement cet univers décalé comme un rappel à l’ordre. Cette juxtaposition se veut, là encore, sans commentaire. À l’obscénité de la télévision, nous préférons l’élégance du silence.

« Ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que mon silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant. Telle est ma seule consolation »**. Ainsi notre silence est une forme de lutte, tout comme notre apparente frivolité ou encore le titre par lequel nous affirmons notre volonté de ne pas baisser les bras.

* Base de données archivée et mixée de avril à octobre 2004 pour un constat au présent.
** Stig Dagerman

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