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Les images

J’ai immédiatement eu envie d’aborder Los Enfermos en m’appuyant aussi sur l’image. L’évocation par l’image n’est pas intellectualisée et touche à des émotions plus intimes voire troublantes. Sa matière même revêt un caractère fantomatique qui me semble correspondre au propos du texte. Los Enfermos raconte les aventures d’un cadavre. La pièce s’ouvre sur le suicide de Hitler dans son bunker et s’achève par la destruction de ses restes présumés huit ans plus tard au Kremlin. Plus on avance dans le déroulement de l’intrigue, plus les faits semblent flous et insaisissables. Ce n’est pas tant à la mort d’Hitler que s’intéresse A. Álamo mais bien plutôt à la fantasmagorie engendrée par son spectre. D’un postulat de cadavre, il passe à celui de fantôme.

Pour réaliser nos images, nous utilisons les diapositives et le dessin. Il s’agit soit de fragments historiques retravaillés, soit de dessins effectués en direct ou enfin d’images médicales, (radiographies du cerveau, ustensiles). Leur aspect chirurgical se fait l’écho des longues didascalies d’A. Álamo étrangement proches d’un diagnostic médical. Il s’agit de faire un voyage au cœur de l’histoire. Mais ces projections et autres jeux d’images se veulent dynamiques. Ils altèrent directement la représentation. Cette utilisation volontairement « artisanale » n’est pas non plus sans rappeler les méthodes de manipulations de masse apparues avec la seconde guerre mondiale. L’image qui fragmente, déforme, et s’oppose à l’information ; l’image qui fascine et crée le mythe.

Générique | Los Enfermos D’Antonio Álamo | Antonio ÁLAMO | L’histoire | La mémoire | La boîte | Les images | L’aspect chirurgical | Los Enfermos en photo