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L’histoire

Inspirée de faits historiques précis, Los Enfermos donne à voir successivement trois agonies : celle d’Hitler, Churchill puis Staline. Cependant aucune connaissance particulière de l’Histoire n’est requise afin de suivre l’intrigue. L’ambiguïté de cette œuvre est d’ailleurs encore plus percutante vis-à-vis de ceux qui ne possèdent aucune connaissance des faits et qui par conséquent n’ont de cesse de se demander si cela a vraiment eu lieu. Leur curiosité intellectuelle est ainsi perpétuellement sollicitée.

L’une des principales qualités dramaturgiques d’Antonio Álamo consiste à savoir placer le spectateur dans une position d’observateur privilégié. Aucun individu n’a pu, à l’époque, assister à ces événements d’une importance capitale. Le caractère secret que revêt chaque scène fait donc du spectateur un témoin unique, ce qui renforce son intérêt. En osant créer ainsi un climat de suspens, Antonio Alamo rend à l’apprentissage son caractère ludique.

Les personnages de Los Enfermos nous renvoient aussi à notre faculté de produire des schémas. Accoutumés à voir des situations imaginaires, l’insurrection de ces morts, nous surprend. Bien que convaincus d’assister à une fiction, nous avons l’intuition que quelque chose de vrai se manifeste à travers l’humour féroce d’Antonio Álamo. Dans une société où tout est prétexte à se souvenir et rarement à s’interroger, l’auteur nous force ainsi à dépasser la fascination morbide et à réfléchir sur la récupération du mythe. Au-delà d’une narration de la seconde guerre mondiale, c’est donc tout un processus humain et politique qui est mis à jour, ce qui permet de relier l’action au présent et d’ouvrir nombres de discussions sur les gouvernements actuels et la désinformation. Kroutchev avait-il raison de croire que « l’histoire n’a pas besoin du passé » ?

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