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L’aspect chirurgical

Chaque acte donne à voir une agonie, successivement celle d’Hitler, de Churchill et Staline. Tous trois semblent obsédés par la mort et le désir de se survivre. En établissant un lien entre la soif de pouvoir des hommes politiques et leur état de santé, Antonio Álamo apporte un point de vue original sur le politique et nous confronte à notre propre angoisse face à la mort. De plus il souligne le lien ambigu qui unit toute guerre à la science. Aussi le « plasticien-manipulateur » apparaît tel un chirurgien qui pratiquerait une autopsie. Sa présence est visible tout au long du spectacle. Le plateau prend alors des allures de champ opératoire. Cet univers médical est renforcé par quelques accessoires symboliques (chaise roulante, table d’opération et déambulatoire). Ce parti pris permet de s’éloigner définitivement de la reconstitution historique pour se concentrer davantage sur l’intime et le politique.

Quelle vision nous reste-t-il de la Seconde Guerre Mondiale ou même d’Hitler ? Antonio Álamo avait 32 ans lorsqu’il écrivit Los Enfermos, et si notre équipe est de la même génération n’est pas par hasard : nous n’adoptons la posture ni du témoin ni de l’historien. Notre seule volonté est de réfléchir au passé pour mieux nous engager dans l’avenir. Aussi Los Enfermos ne répond à aucune question, Los Enfermos pose des questions. C’est un cauchemar dont il faut vouloir se réveiller.

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